la fin du monde est un concept sans avenir

Paul Virilio Œuvres 1957 – 2010


©Maria Vlachou / Éditions du Seuil.

La fin du monde est un concept sans avenir.

Paul Virilio

« Construire un espace pour abriter les essais de Paul Virilio et le fortifier d’un bunker littéraire et critique ». C’est la promesse des Éditions du Seuil qui publient en octobre 2023 une anthologie de plus de 1 264 pages réunissant pour la première fois vingt-deux essais du philosophe augmentés de témoignages, d’un appareil critique et de documents privés inédits.

La genèse
Tout commence avec la découverte, en 2018, de 63 carnets inédits de Paul Virilio par sa fille : une fenêtre ouverte inattendue sur la vie et l’œuvre du philosophe.
Ensuite, tout s’enchaîne, Sophie Virilio – accompagnée de son amie et conseil Léa Forestier – propose à Hugues Jallon, président des Éditions du Seuil, de publier l’œuvre de son père, dont elle détient les droits. Entre la décision positive et immédiate de Hugues Jallon et la publication, il faudra une éditrice hors normes : la directrice des droits étrangers, Maria Vlachou.
Ensuite, vient l’étude des carnets inédits par l’archéologue de formation qu’est Maria Vlachou et le pari fou – avec le soutien du CNL – d’inventer une anthologie qui regroupe en un seul volume vingt-deux essais du philosophe enrichis d’inédits.
Maria Vlachou dirige la publication et définit d’après l’étude des carnets, la structure en quatre parties du livre : Le Basculement du sol ; La Vitesse, c’est la vieillesse du monde ; Tout est maintenant ; Vivement voir, voir vivement.
Eyal Weizman, auteur et architecte, créateur de Forensic Architecture, signe une préface intitulée La longue durée d’une fraction de seconde, démontrant la portée de l’œuvre du philosophe, Jean Richer rédige un Précis de dromologie, une Introduction et une boussole de navigation permettant de se diriger au sein de cette œuvre foisonnante. Sophie Virilio publie un récit intime sur les Atelier(s) Virilio(s).
Un livre comme un trajet
La présentation chrono-thématique des vingt-deux essais de Paul Virilio permet d’épouser, en 4 parties, presque 4 décennies et décrit un arc théorique qui part du regard sidéré d’un enfant marqué par le bombardement aérien de Nantes en 1943 pour se poser sur le regard du philosophe qui définira l’esthétique de la disparition.
Muni de la dromologie, science dont il est le père, Paul Virilio ne cessera dans toute son œuvre de penser la vitesse et ses conséquences sur la société.

Première publication mondiale des carnets inédits de Paul Virilio
Les fac-similés extraits des carnets inédits tenus de 25 à 73 ans (1957-2005) qui complètent cet objet éditorial atypique, permettent de retracer, au-delà de ses publications, le trajet intellectuel de Paul Virilio et révèlent un récit inédit.

© Sophie Virilio

Une presse unanime, des articles de fond : Juliette Cerf de Télérama : « Vingt-deux ouvrages de Paul Virilio réunis en un volume, enrichi d’extraits de carnets inédits : une bombe éditoriale qui rend enfin justice au penseur. » Roger-Pol Droit dans Le Monde : « Celui qui fut maître verrier, peintre, architecte, deviendra enseignant, philosophe, sociologue, écrivain, inventeur de termes et de notions inédits destinés à décrire ce que la disparition de la « grandeur nature » fait au monde. Il ne réside pas dans une discipline instituée. Cette transversalité fait sa singularité. Penseur de la vitesse et de la guerre, décrivant à l’avance l’avènement de la « bombe numérique », inventeur de « l’écologie grise », qui scrute les pollutions de l’espace, ou du « globalitarisme », qui fait vivre sous la dictature d’un temps mondial unique, Paul Virilio habite aujourd’hui. » Thierry Paquot dans la revue Esprit : « Cette publication est l’occasion non seulement d’apprécier une œuvre anticipatrice, mais aussi de prendre la mesure sociale de la démesure technologique. » Richard Figuier dans En attendant Nadeau : « Outre le fait qu’il rejoint pour toujours la cohorte des « avertisseurs d’incendie » que sont Anders, Ellul, son cher Walter Benjamin et tant d’autres, la « reconnaissance » virilienne (…/…) est un acte non violent de combat, et d’abord, et avant tout résultat exploitable, un effort presque surhumain, dont seul un artiste pouvait avoir la force, pour poser les conditions d’une culture, qui reste à naître, capable d’affronter le risque de la perte, non plus seulement de la dimension, mais du monde. » Philippe Petit dans Marianne : « Le lire ou le relire aujourd’hui est une occasion de rebattre les cartes du présent. Lui qui, toute sa vie, a lutté contre « le sentiment d’incarcération, dans le présent », qui le faisait tant souffrir… » Élodie Maurot dans La Croix : « Comme un clin d’œil au maître, l’objet dans sa matérialité – son poids, son volume… – est une invitation à cesser de courir pour habiter cette architecture de mots. Et demeurer dans l’espace-temps d’une pensée fertile. »
… et bien d’autres articles dans la presse papier ou la presse en ligne.

Editor’s note
To create a space to shelter Paul Virilio’s essays and fortify it with a literary and critical bunker.
That is the promise.
This new edition of Paul Virilio’s essays, brought together here for the first time, embraces almost four decades (1976-2010) in four thematic parts, and describes a theoretical arch that begins with the stunned eyes of a child traumatised by war and ends with those of the philosopher who defined the aesthetics of disappearance. The world in the viewfinder is in perpetual acceleration, surprised by accidents, inhabited by war, struck by bombs, those of climate change and technology, incarcerated in the communism of affect, obsessed by triumphing over real time and the eradication of distance.
The hitherto unpublished bunker that holds it together is full of cracks. Sophie Virilio, Paul Virilio’s daughter, writes an intimate testimony. Jean Richer, his student, sketches the main lines of his thinking and Eyal Weizman demonstrates its impact. In his notebooks written between 25 and 73 (1957-2005), Paul Virilio reveals his method, hides a short story and several titles of this volume, including the most important:
The End of the World is a Concept with No Future. That is our hope.

La fin du monde est un concept sans avenir
Format 210 x 297
1 264 pages
30 illustrations in-texte
8 illustrations couleur (un cahier hors-texte)
ISBN 978-2-02-148388-8